dimanche 2 octobre 2016

Le tour de la question

J'ai attaqué le tour de toutes les questions
en danseuse
sans étape
sans assistance
et je tourne encore
autour de nous
les muscles me brûlent un peu plus chaque jour
j'ai du mal à rouler
toujours un peu plus chaque jour



Je veux pas descendre



Je veux m'élever au plus près des étoles qui couvrent tes seins
qu'elles s'envolent au passage de mes mains



je veux monter et ne pas redescendre



Les muscles me brûlent un peu plus chaque jour
j'ai besoin d'eux pour soulever ma carcasse
et mes envies
J'écrase les dédales de doutes
Je comprends pas les réponses

samedi 1 octobre 2016

Je voudrais finir

Je voudrais finir sur les rayons d'une roue
je voudrais finir avant la fin
je voudrais finir comme un chat crevé qui ne saurait pas compter
je voudrais finir au fond d'une cale humide voguant sur une mer démontée
je voudrais finir dans les bras d'une nymphe
je voudrais finir comme un jour si long que le soleil se serait pris pour une lune
je voudrais finir comme une chanson sur toutes les lèvres
je voudrais finir à bout de souffle au sommet de ton cou



je voudrais finir plein comme une comptine
je voudrais finir pour ne jamais recommencer
je voudrais finir comme tu veux
je voudrais finir avant d'en avoir peur



finir je voudrais finir



je voudrais finir comme une balle perdue qui trouve un cœur à combler



je voudrais infinir



je voudrais finir comme l'histoire sans fin
je voudrais finir sur ton chapeau de paille
Je voudrais finir au bout de la corde à linge où tu étends le tien



je voudrais finir sur ces mots



Mais je ne sais pas

vendredi 30 septembre 2016

Il se peut

Il se peut
  
qu'elle se meuve

en silence


Elle s'émeut

qu'il pleuve

en silence







 

Je suis un guerrier

J'ai vaincu le mildiou qui tuait mes tomates 
Je suis venu à bout des poux rouges suceurs 
du sang de mes poules rousses, j'ai fait l'acrobate 
pour cueillir le raisin avant les piafs moqueurs 
J'ai pris de court l'eau de pluie qui noyait ma terre 
J'ai battu la limace en la soûlant de bière 
(ô la belle mort aux parfums de houblon !) 
Effacé les ampoules qui brûlaient ma peau 
Déjoué les faux conseils, sauvé le hérisson 
nourrisson transi de froid des chats, ces salauds !

mardi 13 septembre 2016

M. Présence. Poésie & électro dans les jardins - Le 18 juillet 2016

Première expérience, premièr essai pour M. Présence.

Projet poético-électro de et avec Merry Benoit et Yves Petident.

Le 18 juillet dans un jardin à Auxerre.

Merci à Valérie Jussot pour l'accueil.


Merr'Yves 1 - Auxerre - 18 juillet 2016 par dm_521a6fd87c569

samedi 3 septembre 2016

Réflexion sur le regard que l'on porte sur les choses.

Avant, c'était un panneau devant lequel je stoppais ma voiture.
Mais la buse s'y est perchée un jour que j'étais piéton et il devint ce que l'enfant savait ou voulait qu'il fusse : un perchoir. 

Faim de feu

Opiniâtre le feu réchauffe la maison.
Pièce par pièce nos pieds lui donnent raison.
Et dans l'âtre se consume notre raison
A mesure que la nuit mange l'horizon

J'ai une faim de nuit, je te dévorerais !
J'engloutirais passants, murs , toits, routes et rivières
Je ne ferais qu'une bouchée des peupleraies.
Et la nuit allume un à un les réverbères.

Tel un pâtre le feu garde nos pieds au chaud
nos doigts sur la page de garde et nos épaules
d'albâtre ne craignent plus de s'exposer au
regard de l'autre. Tous les deux dans le même rôle.

jeudi 22 octobre 2015

Le monde

Le monde

Une rivière qui trouve sa source
entre deux rochers.
Un cheval terminant sa course
dans l'herbe couchée.

Et ce zèbre qui boit et se ressource
avant que la lionne le digère.
Et si je suis la grande Ours
trouverais je sa tanière ?

Un passant se demande pourquoi il a peur
devant cet autre passant.
un moustique me réveille à toute heure
en suçant mon sang.

Et cette équation qui ne peut se résoudre
à être autre chose qu'une équation.
On se tait quand parle la poudre,
Elle ne pose pas de questions.

Un signal électrique pour impulser un rythme,
un échec commercial pour virer tout le monde,
un coup sec sur la nuque pour la frime,
un coup de trique pour la faconde.

Et entre ses cuisses se perdre
quand on a plus rien à gagner.
S'endormir sous un cèdre
quand la journée ne nous a rien épargné.

Un peu plus de lumière sur une joue,
un peu plus de vérité salée
qui coule sur la peau et déjoue
les rôles et les pis-aller.

Et tout ce que l'on croit posséder
et qui n'appartient qu'à l'autre.
Et ce gosse qui voudrait décider
avant que d'être

Cet ami qui n'existe plus quand
la justice s'en mêle.
Ce corbeau éloquent
qui noircit le ciel.

Accroché à mon monde
J'étreins sa lumière
je peins avec,
des éclats de jour.

Et cette mémoire qui n'en fini pas de trier
J'ai besoin d'elle pour pouvoir oublier.
Un arbre s'est embrasé dans l'orage
Tu m'as embrassé sans partage

Au matin un homme s'est pendu
de n'avoir su dire ses peurs.
Une eau claire éperdue
pourrait faire mon bonheur.

Je n'ai d'autre refuge que ce monde
d'autres subterfuges que d'exister
Je n'ai d'autres horizons à la ronde
que d'être multiple et résister.

Un pas dans la neige
Un rire sans retenue
Et ton fardeau que ces mains allègent
ces mains inconnues
Que tu craignais hier encore

te feront vibrer le corps

Au fil de l'Autre

Au fil de l'Autre tu as tissé tant d'espoirs
Qu'un piège orbiculaire autour de vous se forme
Engluant vos rêves d'écrire votre histoire
Dans ses mailles serrées, toutes protéiformes.

Mouches, fines larmes de pluies, le ret arachnéen
Dans lequel vous vous débattez, attendant tout
De l'autre et de demain, patient, manichéen,
vous absorbe, vous laissant à votre absurde va-tout.

Ô combien te faudra t'il encore en découdre
Avec cette foi en un avenir meilleur, 
Démêler d’écheveaux pour enfin te résoudre
à être toi, là, avant que de filer ailleurs.

Eparpiller d'un coup de pied les feuilles sèches
Qui retombent en crépitant, ton palpitant
qui s'emballe à ce son et tes doigts dans tes mèches
qui dégagent ton front pour sentir mieux le vent

Je n'ai pas peur de l'autre, je ne crois pas en lui
Je sais notre capacité à nous unir
Et puis nous nuire, nous punir au coeur de la nuit
Je sais que nous serons las de nous déconstruire

Je ne crois pas en l'autre, je sais et je suis l'autre
Il me nourrit, m'abreuve, je n'attends rien de lui
Je le remplis de moi. Au diable les apôtres !
La parole n'est qu'intérieure et craint le bruit !

Attentiste tu noues à l'autre tes desseins
Pour t'y accrocher comme au flanc d'une montagne
Attention, Ascension sans retour et sans fin

sur le versant de vos illusions de Cocagne.