jeudi 4 juillet 2013

Orgie de pollen

Les bourdons sont chargés comme des mules
et volent en ondes hertziennes
ils débordent et pleuvent leurs récoltes
les abeilles bourdonnent
les guêpes fredonnent

orgie de pollen

J'ai senti cette fine pluie sous l'arbre

ce trop plein encombrant les insectes

mercredi 12 juin 2013

Esprit squelette

J'ossature mes pensées
Lors de mes soirées saturées
De lumière
Ca, tu le sais

Invertébrées d'abord
Elles flottent
Entre deux os d'idées
Qu'elles se donnent à songer

S'y collent ensuite
Pour devenir
Leur propre rachis

Mon esprit est un squelette
(éclairé de nuit saturée de lumière épiderme)

En colonne elles se dressent
Et s'inventent
Des mots vertèbres
Des os verbes

L'imagination s'en mêle,
Elles s'emballent

Regarde le décharné se déhancher

Mon esprit est un squelette qui danse

La chair / Le sang
L'amour / Le temps
Donne moi l'un
Je prendrai l'autre

Et mon esprit squelette

Sera âme

vendredi 10 mai 2013

Une table se libère


Une table se libère

Quelque part une table se libère
Elle attend, serrée
Dans sa toile cirée
Collante comme un piège à mouches
Que j'y vienne bourdonner
Butiner et mettre en bouche
Le nectar aux trois étoiles

Quelque part
Une table se libère

Quelque part une table se libère
Massive, charpentée
Elle trône à la kermesse
Comme un autel de messe païenne
Me tend son plateau et m'invite
A m'asseoir entre deux musiciennes
Pour qu'on mêle
Nos chants et nos rires

Quelque part une table se libère

Quelque part une table se libère
Brute, typée
Cernée de riches fauteuils en cuir
Immigrée anglaise
Elle attend que le choc des chopes
Que j'écope
A grandes goulées
La fasse trembler


Quelque part une table se libère
Coincée entre le vaisselier et la télé
Telle une attelle à ta vie
Elle accueille le voisin
Le frère, le cousin
Et se laisse souiller
De coups et de vin

Quelque part une table se libère

Quelque part une table se libère
Au chaud près du radiateur
De ses injures gravées au cuter
Elle m'ouvre sa case vide
Pour que j'y cache mes rêves
De baisers volés
Et de jupes retroussées
Pour que j'y jette mes dés

Quelque part une table se libère
Elle s'offre à tous les délires
Dans les éclats de rires
Et les odeurs fécondes
Elle t'attend, toi et les autres
Pour refaire le monde

Quelque part une table se libère
Quelque part Ma table se libère

lundi 6 mai 2013

Le réalisme n'est que résidu de rêves

Le réalisme n'est que résidu de rêves 
Et il devrait guider nos pensées et nos actes ? 
Faut il que l'on en crève ! 
Je veux garder intactes 
Mes escapades oniriques, jouer sans trêve 
contre le temps et sa science bien trop exacte.

lundi 18 mars 2013

L’égrégore




De nos guitares, nos chants
Nos échangent de mots
De nos ivresses au coude à coude au comptoir
De nos prières païennes aux esprits de la fraternité
De nos envolées immobiles tellement lyriques
De nos réunions et cortèges hurlants
de nos envies d'en découdre
De nos concerts
De nos mains empoignées
nos épaules collées
nos cheveux emmêlés
De nos soirées silencieuses à oublier le vacarme des règles et des lois
De nos souffles
De nos valses
nos slow collés
de nos pulsions de création
de nos pulsations arythmiques
nous ferons naître l'égrégore
Et rien ne pourra nous en empêcher
ni nous désunir.

Intérieur d’homme



Je fais pas de bruit 
pas un geste
j’écoute la pluie dans le lavabo
les plis de ma veste
sur ma peau

Je fais pas de bruit
pas de vagues
j’écoute le tissu qui se froisse
la cuiller dans la tasse
qui fait des vagues

Je fais pas de bruit
à peine si je respire
j’écoute l’halogène qui crépite
sous la mouche
et ton chant dans la douche

C’est juste entre le silence et moi
Une histoire de cliquetis du frigo
Le souffle des enceintes
Et derrière les plinthes
La bestiole qui gratte

mercredi 13 février 2013

Le port à l'arrêt


Comme un troupeau de montagne le port,
hérissé de mats dénudés
cliquetants de leurs longues élingues ballantes,
Étale sa nonchalance.
Sans marin, sans vent, un port ça rumine.
A la hune, les mouettes squattent.
A la deux, les vergues tanguent.
La brume dessine des flancs de coteaux sur la mer endormie.

mardi 12 février 2013

Sur le fil


Il est des heures pendant lesquelles 

tu ne te suffis plus à toi même,

pendant lesquelles tu voudrais être un autre ;

celui que tu as vu devant toi dans la file d'attente du cinéma,

celui que tu as entendu chanter dans ce bar.


Il est des heures où si tu pouvais tu prendrais la tangente 

pour filer droit sur le fil du rasoir 

au risque de tomber de l'autre côté 

« take a walk on the wild side ».


Et tu regardes l'horloge au clocher

y'a quelque chose qui cloche

elle est arrêtée

et tu demandes l'heure à cette fille.


Il est des heures pendant lesquelles tu prendrais bien la place d'une montre