Avant, c'était un panneau devant lequel je stoppais ma voiture.
Mais la buse s'y est perchée un jour que j'étais piéton et il devint ce que l'enfant savait ou voulait qu'il fusse : un perchoir.
samedi 3 septembre 2016
Faim de feu
Opiniâtre le feu réchauffe la maison.
Pièce par pièce nos pieds lui donnent
raison.
Et dans l'âtre se consume notre raison
A mesure que la nuit mange l'horizon
J'ai une faim de nuit, je te
dévorerais !
J'engloutirais passants, murs , toits,
routes et rivières
Je ne ferais qu'une bouchée des
peupleraies.
Et la nuit allume un à un les
réverbères.
Tel un pâtre le feu garde nos pieds au
chaud
nos doigts sur la page de garde et nos
épaules
d'albâtre ne craignent plus de
s'exposer au
regard de l'autre. Tous les deux dans
le même rôle.
jeudi 22 octobre 2015
Le monde
Le monde
Une rivière qui trouve sa source
entre deux rochers.
Un cheval terminant sa course
dans l'herbe couchée.
Et ce zèbre qui boit et se ressource
avant que la lionne le digère.
Et si je suis la grande Ours
trouverais je sa tanière ?
Un passant se demande pourquoi il a
peur
devant cet autre passant.
un moustique me réveille à toute
heure
en suçant mon sang.
Et cette équation qui ne peut se
résoudre
à être autre chose qu'une équation.
On se tait quand parle la poudre,
Elle ne pose pas de questions.
Un signal électrique pour impulser un
rythme,
un échec commercial pour virer tout le
monde,
un coup sec sur la nuque pour la frime,
un coup de trique pour la faconde.
Et entre ses cuisses se perdre
quand on a plus rien à gagner.
S'endormir sous un cèdre
quand la journée ne nous a rien
épargné.
Un peu plus de lumière sur une joue,
un peu plus de vérité salée
qui coule sur la peau et déjoue
les rôles et les pis-aller.
Et tout ce que l'on croit posséder
et qui n'appartient qu'à l'autre.
Et ce gosse qui voudrait décider
avant que d'être
Cet ami qui n'existe plus quand
la justice s'en mêle.
Ce corbeau éloquent
qui noircit le ciel.
Accroché à mon monde
J'étreins sa lumière
je peins avec,
des éclats de jour.
Et cette mémoire qui n'en fini pas de
trier
J'ai besoin d'elle pour pouvoir
oublier.
Un arbre s'est embrasé dans l'orage
Tu m'as embrassé sans partage
Au matin un homme s'est pendu
de n'avoir su dire ses peurs.
Une eau claire éperdue
pourrait faire mon bonheur.
Je n'ai d'autre refuge que ce monde
d'autres subterfuges que d'exister
Je n'ai d'autres horizons à la ronde
que d'être multiple et résister.
Un pas dans la neige
Un rire sans retenue
Et ton fardeau que ces mains allègent
ces mains inconnues
Que tu craignais hier encore
te feront vibrer le corps
Au fil de l'Autre
Au fil de l'Autre tu as tissé tant
d'espoirs
Qu'un piège orbiculaire autour de vous
se forme
Engluant vos rêves d'écrire votre
histoire
Dans ses mailles serrées, toutes
protéiformes.
Mouches, fines larmes de pluies, le ret
arachnéen
Dans lequel vous vous débattez,
attendant tout
De l'autre et de demain, patient,
manichéen,
vous absorbe, vous laissant à votre
absurde va-tout.
Ô combien te faudra t'il encore en
découdre
Avec cette foi en un avenir meilleur,
Démêler d’écheveaux pour enfin te
résoudre
à être toi, là, avant que de filer
ailleurs.
Eparpiller d'un coup de pied les
feuilles sèches
Qui retombent en crépitant, ton
palpitant
qui s'emballe à ce son et tes doigts
dans tes mèches
qui dégagent ton front pour sentir
mieux le vent
Je n'ai pas peur de l'autre, je ne
crois pas en lui
Je sais notre capacité à nous unir
Et puis nous nuire, nous punir au coeur
de la nuit
Je sais que nous serons las de nous
déconstruire
Je ne crois pas en l'autre, je sais et
je suis l'autre
Il me nourrit, m'abreuve, je n'attends
rien de lui
Je le remplis de moi. Au diable les
apôtres !
La parole n'est qu'intérieure et
craint le bruit !
Attentiste tu noues à l'autre tes
desseins
Pour t'y accrocher comme au flanc d'une
montagne
Attention, Ascension sans retour et
sans fin
sur le versant de vos illusions de
Cocagne.
Les pieds dans l'humus
Sortez
de vos grottes et défroissez vos ailes
Pour
ne rien avoir à regretter
Sur
l'écran radar de vos envies nocturnes
suivez
la trajectoire de la pipistrelle
Les
pieds dans l'humus
les
pieds
dépolluer
son cortex
les
mains sur l'écorce
les
mains
vider
sa mémoire
les
doigts dans la glaise
les
doigts
nettoyer
ses sens
Les
yeux au fond des pistils
les
yeux
atténuer
la douleur
tu
vois c'est si simple
de
renaître
Au
crépuscule je ferai le mur
pour
jeter des cailloux à ta fenêtre
Au
crépuscule je ferai le mort
Afin
que tu m'apprennes à renaître
Au
moment imprécis où le jour meurt
J'irai
peut-être tout envoyer paître
A
l'instant T où naissent les remords
Je
n'aurai plus enfin qu'à disparaître
Sur
le mur à l'heure du crépuscule
Debout,
le regard au delà des haies
Quand
le jour crée l'obscurité
Quand
le jour aura fait son temps, repus
de
clarté, bruits et soubresauts, battu
Que
les plaintes urbaines se seront tues
Je
serai murmure
Ressac
La
mélancolie qui s'écoule de la houle
Calme
et violente roule et envahie mes veines
Et
cette peur de sombrer dans les fonds d'ébène
m’emplit
de force, m'émeut et m'assaille et me saoule.
Je
suis fétu de paille sur la crête des vagues
Oh
que fais tu petite brindille à te laisser porter
Oh
que fais tu petit ? Buscas tu la muerte ?
Je
suis fétu de paille sur le dos je divague.
Profonde
est ma révolte, sourde aux mises en garde
Qui
voudrait l'apaiser par la peur et l'oubli !
Mais
Je me laisse aller au ressac, ses roulis,
Cette
force apaisante, que les mouettes criardes
chantent,
me nourrit de ses reflux. Alors m’emplis
la
mélancolie qui roule, se plie, se déplie...
jeudi 27 août 2015
Qu'est-ce qu'il d'Yves: Le coup de grâce
Qu'est-ce qu'il d'Yves: Le coup de grâce: J'ai pris le coup de grâce comme cette lettre me l'a recommandé Dernier acte, dernier face à face Si tu voulais ma peau falla...
mercredi 26 août 2015
Le coup de grâce
J'ai pris le coup de grâce
comme cette lettre me l'a recommandé
Dernier acte, dernier face à face
Si tu voulais ma peau fallait
m'demander
Je crie avec les losers
c'est l'émeute dans mon crâne
Demain notre histoire s'ra à la barre
Je sais plus où mettre le cap
Faire semblant, éviter l'effusion
du rouge sur les joues
Les jours sur les routes
Pour fuir les bains de foule
Toutes ces pages vierges à tourner
Me donnent la nausée
Je n'ose plus détourner
Le regard du présent
mardi 23 juin 2015
La sagesse
La sagesse vient en s'agitant
disait le vieux sagittaire
qui nageait en eaux troubles
depuis son plus jeune âge
tu cours partout, tu divagues
tu zigzagues tu fait tout de travers
tu zappes tu claques tu poses
t'oses tout tu manges du verre
pour voir dedans le chiffre à l'envers
Tu bringuebales, tu déballes,
t'emballes
tu dévales les pentes en roue libre
les mains en l'air bête
la bouche ouverte
la fumée qui sort par ta bouche
le goût du risque dans les veines
tu sautes, tressautes, sursautes
au moindre soubresaut de ton palpitant
aux aguets à l'affût des effets d'un
cul
sur ta rétine tu t’affûtes pour
passer
entre les cils de celles que tu cibles
tu taffes comme un fou t'embauches pour
la débauche
aux aurores
tu fonces tu cours
et même que tu crois que c'est pour la
gloire
et tu cognes, tu rognes, tu grognes
tu fonces tu cours
tu montres les dents
tu comprends rien mais c'est eux les
cons
tu comprends tout c'est toujours eux
les cons
et t'as raison, t'as toujours raison
tu cours tu t'agites
regarde mes mains regardez mes cheveux
mes bras mon cou mon cul mes pieds
je les agite je les balance dans votre
vide
je remplie le rien
à la tienne !
et tu dérapes, tu glisses, tu dévisses
tu t'esquives, tu reviens, tu te
ramasses
en miettes, tu te jettes avec l'eau et
les cailloux au fond aussi
tu dérives, tu déchantes, tu
charries, tu charries des tonnes de bouts de vie partout où tu passes
des étincelles
des étincelles
t'éteins tout , t'étreins, tu
t'éreintes
tu t'esquintes, royal !
Tu t'agites , tu gîtes de travers
mais jamais tu ne coules
tu te supposes insubmersible
toujours sur le pont
au front
Tu t'agites
tant et tant
tu prends, tu gardes, tu amoncelles
tu te remplies, tu empiles
tu compiles
tu plies tu ranges
tu perds
tu égares
tu sèmes
tu te souviens déjà
tu retiens sans retenue
tu oublies sans vergogne
tu récoltes
et grondent les révoltes
tu virevoltes
tu vires de bord tu débordes
tu exhortes et que vienne la fin !
Et puis ça s'agite
tout n'est que mouvement
autour de toi
tout n'est que reflet
tu te mires dans l'autre
qui traces des ellipses
celui là qui plonge et rebondi
et tous ceux qui grimpent rampent
grattent sautent brassent se croisent
et se défont
s'évertuent et s'exécutent
tu t'agites à travers eux
ils te vident
tu économises
parcimonieux
tu t'agites en silence
chaque geste en contient 100
chaque mot mille
et vient le silence
plein de bruits de heurts et de fureurs
le silence plein comme une ventre de
mère qui attend de libérer tout ce bruit
Tu t'agites
tu t'assagites
mercredi 17 juin 2015
Je m'amplifie
Je m’emplis de toi
je fais fi de moi
je m'amplifie
Je me fie à toi
Me méfie de moi
Je te défie
Je me défais
Ici gît mon effigie, enfin.
Mon égo, tout de go, s'évanouit.
Je me fie à toi
Me méfie de moi
Je te défie
Je me défais
Ici gît mon effigie, enfin.
Mon égo, tout de go, s'évanouit.
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