mercredi 21 août 2013

mardi 20 août 2013

A nos morts

La fange aux pieds
nous pleurons nos morts.
La frange bien peignée
nous feignons des remords.

Nos larmes sèchent
au feu de nos armes,
nos langues lèchent
le sang de leur vacarme.

Nous versons dans l'horreur
comme dans le rance
et servons le bonheur
en plats de résistances
gras et fièrement
gravés au menu
de nos monuments
vengeurs et faux cul.

Remerciements éternels
à nos victimes.
Crevons nos prunelles,
soyons magnanimes.

Photo de mon ami Alain Pâque

dimanche 18 août 2013

Elle viendra

Elle viendra bien assez tôt
me dire qu'il est trop tard
pour penser à me coucher tôt
et rattraper mon retard
de sommeil.

Elle, comme une mère bienveillante,
me dira de garder mes yeux fermés
et mes bras le longs du corps
si je ne les ai pas perdus
dans un accident violent.

Elle me rappellera que c'est l'heure
je ne pourrai pas répondre
j'aurai déjà perdu le rythme
comme un mauvais batteur
ou qui a trop bu.
Mon rythme biologique
tout détraqué, perdu,
elle en profitera pour me faire tournoyer
sur la danse macabre.

Elle viendra juste à l'heure en fait
Laquelle ? Qui lui a donné cette heure ?
Pas moi en tous cas !
Alors qui ?
C'est idiot de me poser cette question maintenant
Sur le moment, je n'y penserai même pas.

Elle viendra, comme une pensée
me traverser l'esprit et je ne saurai quoi
en penser.

Elle aura su ne pas se faire attendre
Je n'aurai pas eu l'indécence de la faire attendre plus longtemps
Je suis bien élevé
La bonne éducation, c'est mortel.

Elle viendra comme un regard se pose
et puis se déplace sur autre chose.


Elle viendra et je m'en irai.

jeudi 15 août 2013

Nous serons vivants avant de nous rendre

Sans adrénaline
La vie serait vaine
Vide autant
qu'une veine exsangue

Les yeux dans l'eau de mer
nous pleurons des rivières
Pour noyer nos vagues
à l'âme

Les mains dans les ronces
nous cueillons les orties
Pour brûler nos plaies
ouvertes

Les bras embrassant le feu
d'une Saint-Jean nocturne
Nous chassons nos peurs
sorcières

Les pieds aux clous accrochés
nous fuyons les chemins 
Pour nous enivrer avec
des loups

Les dents plantées dans l'espoir
d'une nuit charnelle
Nous dormons aux pieds 
des rêves

Les doigts noués sur la gorge
nous serrons nous serrons
nous serrons 

Nous serons vivants avant de nous rendre
Nous serons vivants avant de nous rendre

mardi 13 août 2013

Pour plaire

Mourir la conscience tranquille
c'est comme vivre la mort dans l'âme
Cela ne sert à rien

Juste à plaire au temps qui passe.

jeudi 4 juillet 2013

Orgie de pollen

Les bourdons sont chargés comme des mules
et volent en ondes hertziennes
ils débordent et pleuvent leurs récoltes
les abeilles bourdonnent
les guêpes fredonnent

orgie de pollen

J'ai senti cette fine pluie sous l'arbre

ce trop plein encombrant les insectes

mercredi 12 juin 2013

Esprit squelette

J'ossature mes pensées
Lors de mes soirées saturées
De lumière
Ca, tu le sais

Invertébrées d'abord
Elles flottent
Entre deux os d'idées
Qu'elles se donnent à songer

S'y collent ensuite
Pour devenir
Leur propre rachis

Mon esprit est un squelette
(éclairé de nuit saturée de lumière épiderme)

En colonne elles se dressent
Et s'inventent
Des mots vertèbres
Des os verbes

L'imagination s'en mêle,
Elles s'emballent

Regarde le décharné se déhancher

Mon esprit est un squelette qui danse

La chair / Le sang
L'amour / Le temps
Donne moi l'un
Je prendrai l'autre

Et mon esprit squelette

Sera âme

vendredi 10 mai 2013

Une table se libère


Une table se libère

Quelque part une table se libère
Elle attend, serrée
Dans sa toile cirée
Collante comme un piège à mouches
Que j'y vienne bourdonner
Butiner et mettre en bouche
Le nectar aux trois étoiles

Quelque part
Une table se libère

Quelque part une table se libère
Massive, charpentée
Elle trône à la kermesse
Comme un autel de messe païenne
Me tend son plateau et m'invite
A m'asseoir entre deux musiciennes
Pour qu'on mêle
Nos chants et nos rires

Quelque part une table se libère

Quelque part une table se libère
Brute, typée
Cernée de riches fauteuils en cuir
Immigrée anglaise
Elle attend que le choc des chopes
Que j'écope
A grandes goulées
La fasse trembler


Quelque part une table se libère
Coincée entre le vaisselier et la télé
Telle une attelle à ta vie
Elle accueille le voisin
Le frère, le cousin
Et se laisse souiller
De coups et de vin

Quelque part une table se libère

Quelque part une table se libère
Au chaud près du radiateur
De ses injures gravées au cuter
Elle m'ouvre sa case vide
Pour que j'y cache mes rêves
De baisers volés
Et de jupes retroussées
Pour que j'y jette mes dés

Quelque part une table se libère
Elle s'offre à tous les délires
Dans les éclats de rires
Et les odeurs fécondes
Elle t'attend, toi et les autres
Pour refaire le monde

Quelque part une table se libère
Quelque part Ma table se libère

lundi 6 mai 2013

Le réalisme n'est que résidu de rêves

Le réalisme n'est que résidu de rêves 
Et il devrait guider nos pensées et nos actes ? 
Faut il que l'on en crève ! 
Je veux garder intactes 
Mes escapades oniriques, jouer sans trêve 
contre le temps et sa science bien trop exacte.